Registre phytosanitaire numérique en 2027 : obligations, Excel, PDF et outils gratuits
Depuis le 1er janvier 2026, chaque établissement (numéro SIRET) qui utilise des produits phytopharmaceutiques tient un registre enrichi de nouvelles informations ; à partir du 1er janvier 2027, ces informations doivent être saisies au format électronique, lisible par machine (arrêté du 24 décembre 2025). Un relevé papier reste possible à condition d'être saisi informatiquement avant le 31 janvier de l'année suivante, puis dans les 30 jours à partir de 2030 ; le registre se conserve au moins cinq ans.
Le registre phytosanitaire en bref
| Question | Réponse | Texte |
|---|---|---|
| Qui tient le registre ? | Chaque établissement identifié par un numéro SIRET qui utilise des produits phytopharmaceutiques ou les fait utiliser pour son compte | Arrêté du 24/12/2025, art. 2 |
| Depuis quand les nouvelles informations ? | 1er janvier 2026 | Arrêté du 24/12/2025, art. 7 |
| Format électronique obligatoire | Utilisations à partir du 1er janvier 2027 | Arrêté du 24/12/2025, art. 4 |
| Délai pour saisir un relevé papier | Avant le 31 janvier de l'année suivante, jusqu'aux utilisations de 2029 | Arrêté du 24/12/2025, art. 4 |
| À partir de 2030 | Saisie électronique dans les 30 jours suivant l'utilisation | Arrêté du 24/12/2025, art. 4 |
| Conservation | Au moins cinq ans après l'enregistrement | Arrêté du 24/12/2025, art. 3 |
Ce qui change au 1er janvier 2027
L'obligation de tracer ses traitements n'est pas nouvelle. Ce qui change, c'est le support : à partir des utilisations de 2027, les informations du registre doivent être enregistrées dans un format électronique « lisible par machine ». Un carnet manuscrit ne suffit plus à lui seul, et le scanner en PDF ne le rend pas lisible par une machine.
La règle laisse une transition. Jusqu'aux utilisations de 2029, vous pouvez noter au champ sur papier, puis saisir le tout informatiquement avant le 31 janvier de l'année suivante. À partir du 1er janvier 2030, cette saisie doit être faite dans les 30 jours qui suivent le traitement. Les utilisations antérieures au 1er janvier 2027 n'ont pas à être converties.
Ce qu'il faut enregistrer pour chaque traitement
L'annexe I de l'arrêté liste les informations obligatoires. Pour un agriculteur qui traite lui-même :
| Information | Quand |
|---|---|
| Numéro SIRET de l'établissement (et celui du client en prestation de service) | Toujours |
| Nom commercial complet du produit et son numéro d'AMM | Toujours |
| Date du traitement | Toujours |
| Dose appliquée | Toujours |
| Surface traitée (ha ou m²) ou volume traité | Toujours |
| Culture ou affectation de la zone traitée | Toujours |
| Localisation : numéro d'îlot PAC ou coordonnées GPS d'un point | Toujours |
| Conduite biologique de la production (AB ou non) | Toujours |
| Stade de la culture au moment du traitement | Si l'AMM prévoit un stade d'application |
| Heures de début et de fin | Traitement en floraison hors de la plage horaire réglementaire |
| Rentrée anticipée sur la parcelle (moment, lieu, motif, mesures de protection) | Le cas échéant |
| Délai de remise en pâture | Le cas échéant |
| Semences traitées : substance active, numéro de lot, date et densité de semis | Pour un semis de semences traitées |
Registre phytosanitaire sur Excel : est-ce accepté ?
Oui. La fiche mémo de la DRAAF le dit : l'enregistrement sous forme de tableur est possible, et l'annexe II de l'arrêté précise le format de chaque information (dates, numéros, unités). Un fichier Excel ou CSV bien tenu est lisible par machine, à condition qu'il contienne toutes les informations obligatoires.
La difficulté est pratique. Un tableur tenu à la main se remplit rarement le soir même, les numéros d'îlot et d'AMM y sont recopiés de mémoire, et une campagne de traitements sur trente parcelles devient vite illisible. C'est là qu'un logiciel qui connaît déjà vos parcelles fait gagner du temps.
Registre phytosanitaire en PDF : ce qui compte
Un carnet manuscrit scanné en PDF n'est pas un registre électronique : une machine ne sait pas en lire les informations. Un PDF reste utile pour imprimer, signer ou transmettre une copie lisible, mais il doit venir d'un enregistrement électronique tenu à côté (tableur ou logiciel), qui reste la référence.
Existe-t-il un registre phytosanitaire gratuit ?
- Le tableur : gratuit, accepté, à vous de respecter le format de l'annexe II de l'arrêté.
- L'application du ministère : la DRAAF indique que le ministère de l'Agriculture met à disposition en 2026 une application pour les exploitants qui n'ont pas de système d'enregistrement informatique.
- Les logiciels de gestion agricole : la plupart sont payants ; certains proposent un essai ou une offre gratuite limitée.
Combien de temps conserver le registre ?
Au moins cinq ans après l'enregistrement. En cas de contrôle, le registre est communiqué sans tarder ; si l'administration demande explicitement le format électronique, vous avez dix jours ouvrables pour le fournir.
Comment s'y préparer avant 2027
- Rassembler une fois pour toutes ce qui ne change pas : SIRET, numéros d'îlot, mode de production (AB ou non).
- Saisir les traitements au fil de l'eau : c'est la méthode qui tient sur une campagne entière.
- Vérifier que votre outil exporte un fichier lisible par machine (tableur ou CSV) et le conserve cinq ans.
- Commencer sur la campagne en cours : vous arrivez au 1er janvier 2027 avec l'habitude déjà prise.
Ce que fait Recolt'IQ pour votre registre
Dans Recolt'IQ, chaque intervention phyto réalisée entre dans le registre, avec la parcelle, la culture, la surface, le produit et la dose. Le parcellaire part de votre déclaration PAC, donc les numéros d'îlot sont justes dès le départ. Le registre s'exporte depuis l'application sur ordinateur, en Excel, PDF ou CSV, et une page liste les informations qui manquent encore. Rien n'est enregistré sans vous, et la vérification finale de votre registre reste de votre responsabilité.
- Voir le registre phyto dans Recolt'IQ
- Essayer la démo, sans inscription
- Certiphyto : validité et renouvellement
Questions fréquentes
Le registre phytosanitaire numérique est-il obligatoire en 2027 ?
Oui. Pour les utilisations de produits phytopharmaceutiques à partir du 1er janvier 2027, les informations du registre doivent être enregistrées dans un format électronique lisible par machine (arrêté du 24 décembre 2025, article 4).
Puis-je encore noter mes traitements sur papier ?
Oui, à condition de les saisir ensuite au format électronique : avant le 31 janvier de l'année suivante pour les utilisations jusqu'en 2029, puis dans les 30 jours suivant le traitement à partir du 1er janvier 2030.
Un registre phytosanitaire sur Excel est-il accepté ?
Oui. L'enregistrement sous forme de tableur est possible ; l'annexe II de l'arrêté du 24 décembre 2025 précise le format de chaque information.
Un registre manuscrit scanné en PDF suffit-il ?
Non. Un scan n'est pas lisible par machine : les informations doivent être enregistrées au format électronique, par exemple dans un tableur ou un logiciel.
Existe-t-il un registre phytosanitaire gratuit ?
Le tableur est gratuit et accepté. La DRAAF indique aussi que le ministère de l'Agriculture met à disposition en 2026 une application pour les exploitants sans système d'enregistrement informatique.
Combien de temps faut-il conserver le registre phytosanitaire ?
Au moins cinq ans après l'enregistrement des informations (arrêté du 24 décembre 2025, article 3).
Quelles informations doivent figurer dans le registre ?
Le SIRET, le nom commercial et le numéro d'AMM du produit, la date, la dose, la surface traitée, la culture, la localisation (îlot PAC ou point GPS) et la conduite biologique ou non ; selon les cas, le stade, les horaires, la rentrée anticipée, le délai de remise en pâture et les informations sur les semences traitées.
Qui doit tenir le registre quand un prestataire traite mes parcelles ?
Chaque établissement qui utilise des produits ou les fait utiliser pour son compte tient un registre ; en prestation de service, le SIRET du prestataire et celui du client figurent tous les deux.
Sources
- Légifrance, arrêté du 24 décembre 2025 relatif à la tenue des registres d'utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants (JO du 31 décembre 2025)
- DRAAF Bourgogne-Franche-Comté, fiche mémo sur l'arrêté du 24 décembre 2025 (registre phytosanitaire)
- DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes, « Tenir un registre phytosanitaire »
- Chambre d'agriculture de l'Ariège, « Le registre phyto numérique devient-il obligatoire en 2027 ? »
Données relevées sur ces pages officielles le 3 novembre 2026. Une donnée agricole se périme : vérifiez la source avant de la reprendre dans un dossier.
À lire aussi
Et pour chiffrer une culture : le calcul de la marge brute à l'hectare, gratuit et sans inscription.